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Le syndrome d’Angelman est une maladie neurologique causée par diverses anomalies génétiques situées sur le chromosome 15, dans la région q11-q13. Ceci s’explique au travers du mécanisme de l’empreinte génomique : selon qu’un chromosome provient de la mère ou du père, il est marqué différemment et il exprime autrement les gènes portés. C’est pourquoi, lorsque le chromosome maternel est absent (microdélétion, délétion, mutation, disomie uniparentale paternelle) ou silencieux (défaut d’empreinte, aussi appelée anomalie isolée de la méthylation), l’individu présente un syndrome d’Angelman, maladie résultant de l’absence de contribution du gène UBE3A, le gène qui se situe précisément dans cette région chromosomique et qui est directement impliqué dans cette maladie.

Une « microdélétion » implique un petit « trou » dans la région 15q11-q13, ce qui signifie néanmoins des milliers d’informations et de nombreux gènes perdus. Une « délétion » implique un « trou » plus important et encore davantage de gènes perdus, ce qui fait dire que plus la délétion est importante, plus l’individu est atteint. Une « mutation » implique que les informations génétiques ont été spontanément transformées, entraînant des dysfonctionnements. Les « réarrangements chromosomiques »impliquent que des portions de chromosomes se sont déplacées/inversées, et donc ne sont plus à leur place normale. Une « disomie uniparentale paternelle »  implique que l’individu possède deux chromosomes d’origine paternelle et aucun d’origine maternelle. Un « défaut d’empreinte » implique que le patient dispose des chromosomes maternel et paternel, mais le chromosome maternel fonctionne comme un chromosome paternel (silencieux, donc le gène UBE3A ne s’exprime pas). Les « cas cliniques »demeurent particuliers : ils regroupent les individus montrant toutes les caractéristiques connues du syndrome d’Angelman (EEG anormal, entre autres), mais rien n’a pu être prouvé génétiquement, ce qui laisse supposer que d’autres mécanismes, encore inconnus, sont également à l’origine de ce syndrome.

Diverses études corrélant génotype et phénotype ont mis en évidence que la catégorie délétion était plus sévèrement touchée, tandis que les catégories UPD et ID étaient moins sévèrement atteintes ; quant à la catégorie mutation UBE3A, elle semble constituer une catégorie intermédiaire.

Le tableau suivant résume les diverses anomalies à l’origine du syndrome d’Angelman. Le taux de récurrence indique le risque potentiel de voir un cas d’Angelman se répéter au niveau familial. Dans les cas de délétion et de disomie uniparentale paternelle, ce risque est quasi nul ; par contre, dans les cas de mutation UBE3A et de défaut d’empreinte, ce risque peut atteindre 50 %.